Lancé en 2010, le » projet de renouvellement urbain » initié par Bordeaux Métropole commence à porter ses fruits. Mais à mi-parcours, comment expliquer les contrastes qui marquent désormais le quartier ? Avec 130 projets prévus d’ici 2035, les engagements écologiques de la mairie bordelaise façonnent progressivement le quartier.

Premier projet d’aménagement terminé au pied des tours du quartier Grand Parc (27/02/2025, NUEL Romain)
Au cœur d’un paysage urbain dominé par le béton, le quartier du Grand Parc se distingue par son architecture contrastée. Entre les immeubles roses délavés des années 1960 et les réhabilitations modernes aux façades noires, la discordance est saisissante. L’ambiance y est dynamique, rythmée par les cris des enfants en vacances et le bruit constant des machines de chantier. À quelques pas du centre commercial de l’Europe, Marie Poulain, cheffe du projet de renouvellement urbain, accueille les citoyens dans son bureau de la Maison du Projet du Grand Parc. Plans, photos, maquettes : tout est mis à disposition pour informer les habitants des engagements pris par la mairie écologiste de Bordeaux.
Une transition énergétique en marche
Actuellement, nous travaillons à densifier de manière éco-responsable le réseau de chaleur urbain. » Explique-t-elle. Un peu plus loin dans le quartier, Lafitte Environnement supervise la construction d’une chaufferie biomasse, un projet clé pour la transition énergétique locale. L’objectif est de chauffer le quartier » non plus avec du gaz, mais avec des énergies renouvelables « , précise Marie Poulain.
Sur le chantier, Younousse, 30 ans, casque de sécurité vissé sur la tête et gilet orange sur les épaules, met en avant les exigences environnementales fixées par la mairie
Bordeaux : » Nous avons un cahier des charges strict avec des contrôles réguliers. Il faut aussi être vigilant aux polluants, comme sur tous les chantiers en France. «
Une première phase déjà achevée
À ce jour, seul le Grand Parc, élément central du projet, a été entièrement achevé, marquant l’aboutissement de la première phase, baptisée » phase ludique » par Bordeaux Métropole. Aires de jeux, terrains de foot et de basket : tout a été soigneusement aménagé au pied des bâtiments, dont certains affichent encore des façades vieillissantes.
Éric, 47 ans, en promenade avec ses deux dalmatiens, partage son ressenti : « Cela fait 15 ans que je vis ici. Le projet rend l’ambiance plus agréable, mais ne change pas ma vie. » Une opinion qui reflète une certaine réserve parmi les habitants, pour qui par exemple la transformation de la place de l’Europe, passant d’un rond-point à une aire piétonne, ne figure pas toujours parmi leurs priorités.
Romain Nuel