Dieudonné, l’humoriste déguisé

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

La polémique est son art. Une nouvelle fois interdit de spectacle ce vendredi à Lyon,
Dieudonné M’Bala Mbala subsiste encore dans le paysage français, quarante ans après ses débuts. Antisémite aux condamnations multiples, l’humoriste enchaîne les dérapages et les procès depuis maintenant deux décennies.

Vêtu de gris, le visage fermé, le regard affecté, Dieudonné s’est déplacé ce jeudi matin devant l’église de La Trinité-sur-Mer pour rendre hommage à un homme qu’il avait pourtant combattu avant de devenir un sympathisant, Jean-Marie Le Pen.

La décadence dans l’antisémitisme
Lorsque le personnage de Dieudonné, Bokassa, réplique à celui d’Elie, qui est juif : « Tu
comprends Cohen, les Boches, ils auraient pu finir le boulot en 45 », aucun spectateur ne doute qu’il s’agit de second degré. Dès leurs débuts, dans les années 1990, les deux hommes sont réputés pour des « punchlines » souvent politiques, de gauche et notamment contre le Front national.
Trente-trois ans plus tard, malgré leur réconciliation, Elie Semoun est toujours dans
l’incompréhension. Le 23 octobre 2023, sur le JT de 20h de France 2, il déplore la trajectoire prise par son ancien binôme : « C’est surréaliste, Dieudonné est devenu ce que l’on dénonçait ». L’origine, probablement ce soir de décembre 2003, sur le plateau de « On Ne Peut Pas Plaire à Tout le Monde » présenté par Marc-Olivier Faugiel. Le visage masqué, Dieudonné joue le personnage d’un colon israélien, il conclut par un salut nazi en criant « IsraHeil ! ». Par la suite, l’homme aux yeux noirs ne reçoit pas d’aide pour la réalisation d’un film sur la traite négrière. Sa réaction sur le plateau de Thierry Ardisson est emplie de haine : « Avec l’argent public, on fait 150 films sur la Shoah. Quand je veux faire un film sur la traite négrière, les autorités sionistes me répondent : ce n’est pas un sujet. » c’est la dernière fois qu’il sera invité dans l’émission.


En croisade contre le pouvoir
Dix années plus tard, l’humoriste continue de justifier ces propos polémiques au micro de BFMTV : « Je ne suis ni nazi ni antisémite ». Depuis, il transforme ses spectacles en véritables meetings politiques où la liberté d’expression n’est plus. Saluts nazis, antisémitisme, racisme, complotisme, telle est la composition de la salade qui régale son public.
Ainsi, sous le mandat de François Hollande, le premier ministre Manuel Valls, décide de l’interdire de spectacle dans toute la France. Les médias le balayent par la même occasion. Pourtant, le comédien subsiste notamment en organisant des spectacles clandestins, ou sur les réseaux comme YouTube où chacun de ces extraits récolte au minimum un million de vues.


La politique, son autre scène
Spécialiste de la scène comique, Dieudonné tente aussi la scène politique. De 1997 à 2024, il participe à 9 élections. Il débute sous l’étiquette divers gauche jusque dans les années 2000, où il rejoint le parti antisioniste et fréquente les milieux d’extrême droite. Il soutient notamment Alain Soral, avant de présenter sa propre liste « France Libre » en duo avec Francis Lalanne aux dernières européennes.
Le tout reste loin de Coluche.
L’humoriste symbolise ses fréquentations en 2010, lorsque Jean-Marie Le Pen devient le parrain de son quatrième enfant. Cependant, Dieudonné a adressé une lettre d’excuse sur Israël Magazine. Malgré tout, sa présence aux obsèques de l’ex-leader de l’extrême droite deux ans plus tard poursuit l’idée d’une personne compliquée à cerner.

Sources :

  • FranceInfo (https://www.francetvinfo.fr/culture/spectacles/humour/elie-semoun-cest-
    surrealiste-dieudonne-est-devenu-ce-que-lon-denoncait_3301009.html)
  • BFMTV (https://youtu.be/4otQ2aMiTBg)
  • INA (https://youtu.be/UD-EXVhAXAI & https://youtu.be/Hu3lfjIspKM)
  • Sud Ouest (Image)

Laisser un commentaire