Laure Nuel : « J’ai eu envie d’apprendre mon métier dès la première année »

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À la suite du mouvement des étudiants en kinésithérapie contre l’augmentation des frais de scolarité la semaine dernière. Laure Nuel, 24 ans, revient sur sa formation en Espagne, à l’extérieur des universités françaises. Une trajectoire de plus en plus suivie par les étudiants de médecine.

Vous avez changé de pays à seulement 18 ans pour vos études. Pourquoi avez-vous choisi l’Espagne et quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées là-bas ?

En partie au hasard, je suis tombé sur cette école espagnole au salon de l’Étudiant en Nouvelle-Aquitaine. Tout de suite, j’ai eu envie de partir là-bas car j’ai eu envie d’apprendre mon métier dès la première année. Ensuite, mes difficultés ont surtout été la langue durant les premières semaines. Malgré mon bon niveau en espagnol à l’école, l’intégration a été compliquée. Et le fait de se retrouver seul face à tous les problèmes de la vie quotidienne, mais d’un autre côté cela m’a permis de grandir plus vite.

Dans quelle école avez-vous été formé ? Étiez-vous la seule étudiante à suivre cette trajectoire (de l’étranger à l’Espagne)?

L’école que j’ai rejointe s’appelle EUSS : Terres de l’Ebre. Dès la première année, il y avait environ 10 étudiants français dans ma promotion qui comptait 45 élèves. Puis les années suivantes, le nombre a augmenté, notamment lorsque les prépas kinés ont fermé en France.

Avez-vous envisagé de rester travailler là-bas ?

Oui, les habitudes de vie en Espagne sont tellement agréables. La vie est moins chère qu’en France. En plus, il y a beaucoup plus d’opportunités en France qu’en Espagne. Ce qui est bien en France, c’est que la sécurité sociale rembourse mieux et du coup les patients reviennent plus souvent, et on peut effectuer plus de suivis. Mais c’est surtout parce qu’il y a ma famille et mon conjoint ici que je suis revenu.

Comment revient-on travailler en France après une formation à l’étranger ?

Il y a beaucoup trop de démarches administratives. D’abord, on reçoit nos papiers de Madrid pour former son dossier et avoir son équivalence de diplôme. Ensuite, une commission évalue si tu dois refaire des stages ou non. Et avec ce système, j’ai dû refaire 6 semaines de stages en cardio-respiratoire et gériatrie, donc des milieux très aléatoires. Mais cela est très différent selon les étudiants, certains tout de suite et d’autres trois ou quatre mois.

Avez-vous l’impression d’être mieux formé que vos collègues ayant appris en France ?

Dans mon cabinet, une bonne partie ont été formées en Belgique ou en Espagne. En Espagne, on fait beaucoup plus de pratiques. Les Français passent par l’année de médecine générale donc ont beaucoup plus de bases théoriques. Mais ce qu’il y a d’intéressant en Espagne, c’est que certaines pratiques et techniques sont autorisées seulement dans ce pays, comme la technique de la barrière cutanée, donc lorsque les aiguilles traversent la peau jusque dans les muscles pour cicatriser ou ce qu’on dit produire une réaction pour relancer le processus de régénération naturelle.

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